Comment se déroulaient les loteries sous l’antiquité ?

Réputés friands de jeux, ce sont bien nos ancêtres antiques qui ont inventé la loterie ! Prisée par le peuple mais aussi par les nantis, ce jeu de hasard remplissait les bourses et servait la politique.

« Alea lacta Est ». Oui, la loterie, ce jeu d’argent où des lots sont alloués à des chanceux sélectionnés au hasard parmi ceux ayant payé une mise de départ, trouve ses racines dans l’Antiquité. M^me si déjà dans l’Ancien Testament l’on raconte que Moïse aurait utilisé le procédé de tirage au sort pour attribuer des terres aux Juifs, la première organisation du jeu se situerait entre 205 et 187 avant J.C. Dans le monde Antique, les loteries feront fureur. Jules César, qui régna de 59 à 44 avant J.C, les encourageait à Rome afin d’aider au financement des travaux dans les cités. Néron (empereur de 54 à 68) quant à lui avait créé des loteries de mille billets par jour dans les gains étaient souvent des chevaux ou des esclaves. La loterie tiendrait donc bien ses origines de là puisque le mot Loto provient du latin Lotto signifiant « lot » et « sort ».

Athènes : la loterie comme mode d’élection

Dans la démocratie Athénienne, les citoyens ont utilisé le mode du tirage au sort pour désigner leurs magistrats, les jurées de l’Héliée et de la Boulè parmi les citoyens athéniens, jugé comme étant le moyen le plus juste et impartial. Pour ce faire, ils utilisaient un Klérotèrion, sorte de machine dans laquelle des jetons – pinakia – étaient introduits. Ceux-ci portaient le nom des candidats et il en sortaient de façon aléatoire des billes noires et blanches pour désigner les élus.

Alea Iacta Est

A Rome, les loteries sont affaires religieuses. En effet elles étaient pratiquées lors des Bacchanales (fête en l’honneur de Bacchus, dieu romain du Vin, de l’Ivresse et des Débordements, notamment sexuels) ou des Saturnales (fêtes se déroulant durant la période du solstice d »hiver, qui célébrant le dieu Saturne). Mais le jeu de hasard le plus célèbre aura été sacré par Jules César et la formule consacrée : « Alea iacta est » – les dés sont jetés. Alors qu’il traversait le Rubicon, Jules César su que cette action conditionnait l’avenir de Rome. Très populaire dans la population romaine, le jeu de dés se pratiquait également beaucoup dans les villes de garnison, où l’on retrouvera nombreux de ces objets. Dans le palais des empereurs également. Néron pouvait jouer jusqu’à 400 000 sesterces d’un coup, l’équivalent de la solde de 400 soldats. Caligula qui régna de 37 à 41, trichait pour gagner au jeu de dés ! Tacite – historien et sénateur romain relate la puissance de cette passion chez les Germains qui jouaient jusqu’à leur liberté. La législation romaine qui interdit le jeu, sauf les paris engagés à propos d’exercices physiques, devra tolérer que soit joué son écot (contribution de chacun) dans les festins.

Les osselets, ancêtres du jeu de dés

Mais avant les dés, il existait les osselets, l’un des plus anciens divertissements de l’humanité. Durant l’Antiquité il se jouait de deux manières : le jeu de lancer très féminin et en jeu de hasard et d’argent, essentiellement masculin. Pour jouer à l’astragaloi, le jeu de hasard à base d’osselets, on exploitait les probabilités qu’un osselet se retrouve sur telle ou telle face… le loto était encore loin !

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