Allemagne, une loterie pour tester le revenu universel

En Allemagne, un jeune start-uper de 31 ans a ambitionné de tester le revenu universel. Pas moins de 85 personnes ont bénéficié de 1000 euros par mois pendant un an. Débat éteint en France, il a ainsi été ainsi ranimé Outre-Rhin. Verdict ?

Michael Bohmeyer
Michael Bohmeyer, 31 ans, créateur de start-up a sélectionné 85 personnes qui ont touché 1000 euros par mois pendant un an.

Miko n’a que 5 ans mais il va toucher 1 000 euros par mois pendant un an. Ce petit Berlinois est l’un des heureux cobayes d’une start-up qui entend tester le « revenu de base » ou « revenu universel » dans une Allemagne plutôt hésitante. Chère au candidat Benoît Hamon en France lors de la présidentielle et testé dans l’Ontario avec un projet pilote d’un an auprès de 4000 personnes, en Allemagne, Michael Bohmeyer, 31 ans, s’est lancé. Il a eu la chance d’expérimenter une vie similaire : « J’ai touché un revenu régulier grâce à ma première start-up, et ma vie est devenue plus créative et saine.

Alors je voulais lancer une expérience sociale », explique son fondateur. Alors, ce créateur de startup a sélectionné 85 personnes – dont Miko – qui ont touché 1000 euros par mois pendant un an ; et ce, grâce aux dons de 55 000 particuliers recueillis par la structure privée berlinoise « Mein Grundeinkommen ». Pour les choisir, Michael Bohmeyer a procédé à un tirage au sort retransmis en direct sur Internet. A la manière d’une Roue de la fortune, l’opération a permis de sélectionner un échantillon de cobayes dont une dizaine d’enfants.

DES (R) ÉVOLUTIONS HIGH-TECH

La sélection s’est faite mi-2014. A la suite de celle-ci, les heureux gagnants ont touché leur somme tous les mois pendant un an. Verdict ? Si certains se sont offerts des vacances auparavant inaccessibles, d’autres ont choisi de se réorienter et de devenir éducateur ou coach. « Tous [les bénéficiaires, ndr] dorment mieux et personne n’est devenu fainéant », a déclaré Michael Bohmeyer.

Chez Miko, sa mère Brigit Kaulfuss a déclaré : « Lui ne peut pas comprendre, mais pour toute la famille, c’était grisant ». L’initiative qui a été très populaire Outre-Rhin, a réveillé le débat autour de ce revenu universel. Pour les détracteurs, l’expérience aurait été « mal conçue » et anecdotique. C’est en tous cas l’avis de Alexander Spermann, économiste l’université de Fribourg, interrogé par l’AFP, qui selon lui se tient à répondre à une question sans consistance : « Que faire d’un chèque en blanc que je recevrais à Noël ? » Nous, nous avons une petite idée !

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